Commémoration du 5 septembre 2021

Dimanche 5 septembre Hargnies commémorait comme chaque année les massacres, les 4 et 5 septembre 1944, de 13 civils par l’armée allemande, au moment de la libération du territoire. Cette commémoration, à laquelle ont participé de nombreux Harnicots, a été particulièrement rehaussée cette année par la présence de nombreuses personnalités : outre le Député Pierre Cordier, étaient présents les Conseillers Départementaux, Mathieu Sonnet et Dominique Ruelle, le Maire de Haybes Jean-Claude Gravier, Jean-Pol Devresse, Conseiller Départemental, Maire de Vireux-Molhain, représentant le Président de la Communauté de Communes, le Maire de Fromelennes Pascal Gillaux, la Maire de Hierges Isabelle Bodart, la Maire de Fépin Virginie Rogissart, le Maire de Montigny Philippe Ravidat, Angéline Courtois, adjointe au Maire de Vireux-Wallerand et Frédérique Chabot, adjointe au Maire de Givet, sans parler des gendarmes et pompiers de Revin et de Givet.

La stèle commémorative a été abondamment fleurie par toutes les communes.

Cette commémoration a été suivie d’une autre cérémonie émouvante au monument aux morts du cimetière : le maire Bernard Deforge a rendu hommage à Henri Briard, Harnicot mort au camp de concentration de Mathausen le 26 novembre 1944 à l’âge de 37 ans, événement qui était ignoré à Hargnies. Son nom a été ajouté sur la stèle où figurent toutes les victimes du village de la dernière guerre.

Henri Victor Briard est né à Hargnies le 14 juin 1907, fils de Théophile Briard et de Marie Irma Brichet qui s’étaient mariés à Hargnies le 11 août 1895.

Henri Briard s’est marié à Suzanne Raucourt dont il eut deux enfants : Guy et Ghislain. Gendarme, il fut affecté à la brigade de Clermont en Argonne. Résistant FFI, il fut arrêté en tant qu’otage dans une rafle de 112 otages le 30 juillet 1944 et déporté le 19 août 1944 à destination de Natzweiller-Struthof sous le matricule 22864. Transféré du Struthof le 4 septembre 1944 (décidément triste date pour Hargnies) à Dachau puis à Mathausen le 16 septembre où il est affecté en kommando du travail à la construction d’une usine souterraine, où il travaillait au terrassement ou à la fabrication de béton. Evacué à bout de forces à l’infirmerie du camp, il y serait décédé 48 heures après son admission, soit le 26 novembre 1944.

 

Discours du Maire à la Stèle

Monsieur le Député, Madame et Messieurs les Conseillers Départementaux, Monsieur le Vice-Président représentant le Président de la Communauté de Communes, Mesdames et Messieurs les Maires et Conseillers Municipaux, Messieurs les Gendarmes et Pompiers en vos grades et qualités, Madame la Directrice de l’Ecole, Madame et Messieurs les responsables d’Associations, Mesdames, Messieurs – parmi lesquels je salue particulièrement les familles des martyrs de septembre 1944, avec aussi une pensée spéciale pour celle qui, petite fille tenue pour morte a survécu à ce massacre, Pierrette Bontemps, qui ne peut hélas ! physiquement être là, mais à qui je suis allé hier rendre chez elle l’hommage de la commune -, votre présence nombreuse fait chaud au cœur et atteste que les actes horribles perpétrés à Hargnies en ces journées des 4 et 5 septembre 1944  sont toujours présents dans la mémoire non seulement des Harnicots, mais aussi des habitants et des édiles des communes de la Pointe, ainsi que des autorités civiles et militaires.

Quand on y pense, quoi de plus affreux que cette journée de septembre qui aurait dû être un moment de joie – la libération d’Hargnies – transformée en épisode de massacre par des brutes de l’armée allemande qui tuèrent de sang-froid 13 civils innocents.

Je vais maintenant égrener le nom de ces 13 victimes et je vous demanderai de ponctuer chaque nom, de la formule « Mort pour la France ».

Nous nous rendrons ensuite au cimetière où nous nous inclinerons devant le Monument aux Morts qui porte les noms des autres victimes de la guerre de 40 et singulièrement aujourd’hui celui d’Henri Briard, Harnicot mort en camp de concentration et à qui je rendrai un hommage spécial en présence de sa famille réunie.

René Brichet

Zoé Brichet

Gabriel Brichet

Blanche Daguizy

Emile Cailteux

Boris Delavault

Odile Gatin

Lucien Guilain

Jean Guilain

René Guillaume

Paul Léonard

Louis Pécheux

Jean-Claude Robinet

 

Discours du Maire au Monument aux morts

 

Nous venons de nous recueillir devant les victimes des guerres de 1914 et de 1940 dont les noms figurent sur ce monument, mais parmi les victimes de la dernière guerre ne figurait pas le nom d’Henri Briard, enfant d’Hargnies oublié, mort au camp de concentration de Mathausen le 26 novembre 1944 à l’âge de 37 ans.

La commune d’Hargnies répare aujourd’hui cet oubli. Je remercie M. Hubert Philippe, ici présent, historien à Clermont en Argonne qui, étudiant la plaque de marbre apposée dans le hall de la gendarmerie de Clermont en Argonne, a relevé cette anomalie : le nom de l’Harnicot Henri Briard, brigadier de gendarmerie, dont le nom figure sur la plaque de Clermont en Argonne, était ignoré de notre propre monument aux morts ! M. Hubert Philippe m’a alors alerté et le Conseil Municipal a décidé aussitôt d’inscrire le nom d’Henri Briard sur notre Monument aux Morts, comme vous pourrez le voir par vous-même dans quelques instants.

J’ai évidemment tout de suite pensé qu’Henri Briard était de la famille de Marie-Jo Briard, figure bien connue de notre village que j’ai immédiatement contactée, et c’est ainsi que la lignée Briard vivant à Hargnies a retrouvé la branche Briard issue d’Henri Briard, qu’elle avait perdue de vue,  Henri Briard étant le cousin germain de son père. Ils sont aujourd’hui réunis et c’est avec plaisir que je les salue.

Henri Victor Briard est né à Hargnies le 14 juin 1907, fils de Théophile Briard et de Marie Irma Brichet qui s’étaient mariés à Hargnies le 11 août 1895.

Henri Briard s’est marié à Suzanne Raucourt dont il eut deux enfants : Guy et Ghislain. Gendarme, il fut affecté à la brigade de Clermont en Argonne. Résistant FFI, il fut arrêté en tant qu’otage dans une rafle de 112 otages le 30 juillet 1944 et déporté le 19 août 1944 à destination de Natzweiller-Struthof sous le matricule 22864. Transféré du Struthof le 4 septembre 1944 (décidément triste date pour Hargnies) à Dachau puis à Mathausen le 16 septembre où il est affecté en kommando du travail à la construction d’une usine souterraine, où il travaillait au terrassement ou à la fabrication de béton. Evacué à bout de forces à l’infirmerie du camp, il y serait décédé 48 heures après son admission, soit le 26 novembre 1944.

L’exemple d’Henri Briard, comme les événements tragiques de septembre 1944 à Hargnies, doivent nous aider à ne jamais oublier sur quoi notre présent de paix est bâti, et qu’il est fragile, car la bête humaine est toujours à l’affût.